Magazine local Le Mag Strasbourg
Commerces

Économie à Strasbourg : trois accès pour comprendre le territoire, agir et se former

Éloïse Wintzenrieth 7 min de lecture
Économie Strasbourg : bureau et carte pour comprendre le territoire en trois zones

L’économie de Strasbourg se lit à trois niveaux : le tissu local de la Ville et de l’Eurométropole, l’ouverture industrielle et commerciale de l’Alsace, et l’offre universitaire en économie-gestion. Selon le projet, le bon interlocuteur peut être une institution locale, un dispositif d’aide ou la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Strasbourg.

Un territoire économique entre métropole, Alsace et Rhin supérieur

Strasbourg réunit des activités de services, d’enseignement supérieur, de recherche et d’administration. La ville s’inscrit aussi dans une économie alsacienne diversifiée, qui associe industrie, agriculture, énergie, logistique et échanges commerciaux. La Ville et l’Eurométropole interviennent notamment dans le développement économique, les espaces d’activité, l’implantation des entreprises, le commerce de proximité et l’innovation.

Infographie sur l’économie de Strasbourg, ses secteurs et ses trois périmètres territoriaux
Infographie sur l’économie de Strasbourg, ses secteurs et ses trois périmètres territoriaux

La position frontalière de Strasbourg facilite les coopérations avec l’Allemagne, la Suisse et les autres territoires du Rhin supérieur. Elle favorise les flux de marchandises, les recrutements transfrontaliers et l’accès à des marchés voisins. Cette ouverture ne remplace pas la connaissance du terrain local. Les réseaux professionnels, les besoins de mobilité, les règles d’urbanisme et les habitudes de consommation restent liés au territoire.

Périmètre Ce qu’il permet de comprendre Acteurs ou publics concernés
Ville de Strasbourg Commerce, démarches locales, événements et occupation de l’espace public Commerçants, indépendants et associations
Eurométropole Implantation, développement économique, espaces d’activité et innovation Entreprises, porteurs de projets et employeurs
Alsace et Rhin supérieur Filières, industrie, exportations et relations transfrontalières PME, industriels, investisseurs et exportateurs

Des secteurs variés, avec une forte culture de l’échange

L’économie alsacienne combine services, industrie et activités productives. En 2007, la population active se répartissait entre les services, à 71,8 %, l’industrie, à 26,7 %, et l’agriculture, à 1,5 %. Ces données historiques décrivent une économie largement tertiarisée, tout en confirmant le poids des compétences industrielles et des chaînes logistiques.

Le territoire s’appuie aussi sur une activité économique ouverte. Les exportations alsaciennes ont atteint 34,6 milliards d’euros en 2018, soit 7,1 % des exportations françaises. Les importations représentaient 33,06 milliards d’euros, soit 6,2 % du total national. Le taux d’ouverture s’élevait à 46 %, tandis que 35 % des entreprises comptaient une participation étrangère.

Industrie, logistique et production

La production industrielle reste présente dans plusieurs domaines, notamment l’agroalimentaire, le textile, l’énergie et les matériaux. Le textile représentait environ 250 entreprises et 8 000 emplois. L’activité brassicole donne aussi une idée du poids de certaines filières : les quatre grandes brasseries alsaciennes produisaient 60 % du volume de bière français, soit près de 11 millions d’hectolitres. Elles employaient 1 400 salariés pour un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros.

Ces secteurs s’inscrivent dans un environnement où la production, le transport et les échanges sont étroitement liés. Pour une entreprise, cette configuration peut faciliter les partenariats et l’accès à des fournisseurs, mais elle impose aussi de bien évaluer les coûts logistiques, les besoins de recrutement et les débouchés commerciaux.

Une économie tournée vers l’international

Les indicateurs commerciaux doivent être lus avec précision. Le taux de couverture compare les exportations et les importations. Il atteignait 93 % en 2010, alors que les importations s’élevaient à 28,6 milliards d’euros et les exportations à 26,5 milliards. Cet indicateur ne permet pas, à lui seul, d’évaluer la qualité d’un projet. Il aide toutefois à comprendre les approvisionnements d’un territoire et sa capacité à vendre au-delà de ses frontières.

Pour une PME ou un porteur de projet, l’ouverture internationale peut concerner la vente de produits, l’achat de matières premières, la sous-traitance ou le recrutement. La proximité de l’Allemagne et de la Suisse ajoute une dimension transfrontalière aux choix d’implantation et de développement.

Créer ou développer une activité : choisir le bon levier

À Strasbourg, les dispositifs d’accompagnement répondent à des besoins différents. Un projet de commerce, de transformation numérique, de réduction des déchets ou d’innovation créative ne relève pas des mêmes critères ni du même calendrier. Les aides à l’investissement pour le commerce de proximité, les dispositifs RSE, l’économie circulaire, l’économie verte et les financements FEDER ou FSE+ poursuivent des objectifs distincts.

Préparer un dossier avant de chercher une aide

Un dossier gagne en solidité lorsque le projet précise déjà son activité, son budget, son calendrier, ses résultats attendus, les emplois concernés et les dépenses prévues. Les appels à projets peuvent porter sur le tourisme durable, la transition numérique, la mobilité et la logistique durables, ou encore l’économie créative.

Avant toute dépense, il faut vérifier les conditions d’éligibilité et le calendrier du dispositif. Le porteur de projet doit aussi réunir les justificatifs demandés. Une dépense engagée trop tôt ou rattachée au mauvais programme peut compliquer l’instruction du dossier.

  • Commerce de proximité : investissement, modernisation, visibilité et amélioration des conditions d’accueil.
  • Transition numérique : outils, organisation, relation client et montée en compétence.
  • RSE et économie circulaire : réduction des impacts, réemploi, sobriété des ressources et nouveaux modèles.
  • Économie verte : projets liés aux transitions environnementales et à l’innovation responsable.

La préparation consiste à découper le projet en éléments vérifiables : investissement, autorisations, financement, exploitation et évaluation. Cette méthode évite de mélanger dans un même dossier l’achat de matériel, le recrutement et la communication. Chaque dépense peut ainsi être rattachée à un dispositif, à une échéance et à un justificatif.

Commerçants et professionnels : les démarches qui conditionnent l’activité

Une aide financière ne remplace pas les formalités nécessaires à l’exercice d’une activité. Le professionnel doit anticiper les règles liées au local, à l’enseigne, aux livraisons, à l’accueil du public et à l’occupation ponctuelle de l’espace urbain. Les démarches municipales et métropolitaines font donc partie de la gestion du projet, avant l’ouverture comme lors d’une modification importante.

Enseigne, livraisons et accueil du public

La pose ou la modification d’une enseigne suppose de vérifier les règles applicables au local et à son environnement. Les livraisons en centre-ville nécessitent également une organisation adaptée aux aires dédiées et aux évolutions de circulation.

Un établissement recevant du public doit tenir compte des obligations de sécurité et d’accessibilité. Ces exigences ont des conséquences concrètes sur l’aménagement, les horaires de travail, l’accueil des clients et les relations avec le voisinage. Elles doivent être intégrées au projet avant les travaux ou l’ouverture.

Marchés et événements : prévoir plutôt que régulariser

Exercer sur un marché ou organiser un événement demande des autorisations et une préparation spécifique. Les associations comme les entreprises ont intérêt à définir suffisamment tôt le lieu, les besoins logistiques, les flux de public, les prestataires et les assurances.

Cette préparation facilite aussi la coordination avec les contraintes de mobilité et de livraison. Elle permet de distinguer les démarches liées à l’occupation de l’espace public, à l’organisation de l’événement et à l’accueil des visiteurs.

Étudier l’économie-gestion à Strasbourg et relier formation et emploi

La Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Strasbourg offre un autre accès à l’économie strasbourgeoise. Elle accueille 3 000 étudiants et compte une soixantaine d’enseignants-chercheurs permanents. Son enseignement couvre l’analyse économique, l’économie de l’innovation, l’économétrie, la finance, le management des entreprises, la gestion de la production, la logistique, la qualité et le management international.

Chaque domaine prépare à des fonctions différentes. L’économétrie et les calculs économiques et statistiques correspondent aux métiers de l’analyse de données, des études et de l’évaluation. La finance et le management orientent davantage vers la gestion, le pilotage et le conseil. La logistique, la production et la qualité répondent aux besoins d’entreprises industrielles ou de services qui cherchent à optimiser leurs flux.

Le choix d’une formation ne dépend donc pas uniquement de l’intitulé du diplôme. Il doit rapprocher les matières enseignées, le niveau de spécialisation recherché et l’environnement professionnel visé. Selon le parcours, les débouchés peuvent se situer en entreprise, dans un cabinet de conseil, un service d’études, un organisme de recherche ou une activité internationale.

Cette cohérence entre les compétences acquises et le projet professionnel est particulièrement utile dans un territoire qui combine activités tertiaires, industrie, échanges transfrontaliers et transitions numérique et environnementale.

Éloïse Wintzenrieth

Partager cet article

Retour en haut