Strasbourg : la librairie La Tache noire se transforme en refuge pour les manifestants
Ce samedi 31 octobre, les militants se retrouvent à 14 heures place de la Bourse pour l’Acte III de la mobilisation contre la vie chère. La Grande Île doit de nouveau être bouclée par les forces de l’ordre, afin d’éviter des dégâts sur les commerces du centre. Beaucoup de commerçants se sont, une fois de plus, barricadés. Un libraire a choisi l’inverse, rapporte ici.fr.
Une affiche « librairie solidaire » en vitrine
La Tache noire, librairie spécialisée dans le polar, se trouve à la Krutenau, quai des Bateliers. Son libraire, Eric Schultz, y a collé une affiche « librairie solidaire » sur la vitrine. Il était aux premières loges de la manifestation du samedi 24 octobre. Plutôt que de baisser le rideau, il a décidé de faire de sa boutique un lieu-refuge.
Le principe, selon lui, est simple : accueillir les personnes qui ont besoin de se mettre à l’abri quand une manifestation tourne mal, notamment celles qui sont stressées. Il explique que les gens qui défilent sont ses clients, ses habitués. Certains ont même fait leur stage de troisième dans la librairie.
Le déclic est venu après le premier acte de la mobilisation, le 17 octobre, et surtout après les réactions qui ont suivi. Eric Schultz, ancien adjoint à la mairie EELV de Strasbourg, évoque la très forte protection des commerçants, jusqu’à la volonté de s’armer à Paris. Pour lui, un commerçant peut choisir une autre démarche.
Masques, désinfectant et compresses
Lors de notre reportage, le libraire déballait une boîte de masques FFP2. Il a aussi acheté de la parapharmacie de base : sérum physiologique, bandeaux, désinfectants, compresses. De quoi patienter en cas de problème grave, ou soigner tout de suite une blessure légère.
La librairie a accueilli une trentaine de manifestants le 24 octobre. Elle servira de refuge aussi longtemps que nécessaire.
Eric Schultz sait que sa position va à l’inverse de celle de la plupart des commerces du centre. Il dit comprendre le désagrément d’avoir sa vitrine cassée et sa boutique pillée, et ne souhaite pas que cela lui arrive. Mais il pense qu’on peut avoir une autre relation avec le mouvement social et la jeunesse : celle de l’accompagnement et de la protection, plutôt que de l’affrontement. Selon lui, les commerçants sont aussi touchés par la crise, et leurs enfants par les difficultés de l’Éducation nationale.
Il a également fait un calcul très concret : un devis pour des barricades coûte plus cher que sa franchise d’assurance en cas de casse. Il n’a donc pas envisagé de recouvrir sa vitrine de panneaux de bois.
Source : ici.fr



